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États généraux de l'asthme et de l'allergie : quelques chiffres

En une décennie, le taux de personnes souffrant d'allergies a doublé en France.

Les 14e États généraux de l'asthme et de l'allergie se sont tenus samedi dernier à Paris. Le thème était :

«Asthme et Allergies : faut-il accuser l’environnement ?»

Le Professeur Daniel Vervloet, pneumo-allergologue marseillais et président de l'association "Asthme et allergies" a déclaré à "La Provence" paru le 27 novembre : "Les saisons polliniques sont plus précoces et durent désormais plus longtemps (de 6 à 10 jours de plus). Et les pollens sont également plus agressifs"...

L'air intérieur mis en cause

La pollution atmosphérique n'est pas la seule cause d'affection respiratoire. L'air confiné des logements qui contient des polluants physiques, chimiques et biologiques… peut nuire à la santé des personnes. "Les sprays et autres déodorants émettent des substances potentiellement toxiques pour les bronches. N'oublions pas les poils de chien ou de chat et les acariens".

C'est pourquoi il est essentiel d'aérer suffisamment toutes les pièces de la maison.

Consultez le programme en version "pdf" 360Ko

Allergie respiratoires et l’air intÉrieur : Le saviez-vous?

Les allergies en voyage

allergie et voyage

En voyage, un sujet sensible aux pourra découvrir nouveaux allergènes, très variés, pathogènes par voie respiratoire, alimentaire, cutanée (parfois il aura la chance de s'en débarrasser en d'autres latitudes, altitudes...) ; et un sujet sans antécédents, pourra découvrir des allergènes exotiques auxquels il se révèlera sensible.

Acariens de « poussière de maison »  (les plus fortement liés à l'asthme)

  • Le facteur majeur de prolifération de ces acariens est l'humidité : l'exposition est donc majeure en zone tropicale et en bord de mer.
  • L'altitude constitue un élément limitant : en pays tempéré, ces acariens disparaissent quasiment au-dessus de 1.500 m. Mais ailleurs, c'est l'humidité qui l'emporte : à 2.500m en zone tropicale (Bogota par exemple), la densité d'acariens est de plus de 1.000 fois celle de l'équivalent alpin.
  • Les pollens de graminées (fleurs des champs) seront variables d'une zone à l'autre. Il faudra à tous affronter la graminée kikuyu ubiquitaire, divers Cynodons très allergisants et répandus en Afrique ; l'olivier, la mercuriale, la pariétaire dans le bassin méditerranéen ; le très allergisant bouleau dans les pays septentrionaux ; la très répandue et très allergisante armoisie en Amérique du Nord ; palmiers, cocotiers et cannes à sucre à peu près partout sous les tropiques... Sans parler des innombrables espèces mal connues ou inconnues des forêts tropicales.
  • Insectes : L'abeille (Apis mellifica) est universelle, et sa cousine africanisée (dite « tueuse ») est désormais répandue dans toute l'Amérique tropicale et subtropicale. Attention aux guêpes et aux abeilles : un sujet désensibilisé en Europe ne sera pas ou peu protégé ailleurs.
    Les fourmis posent un problème de santé publique dans une grande partie du monde : réactions locales parfois graves, réactions anaphylactiques, neurologiques, parfois mortelles.
    La gravité allergique des piqûres de moustiques dépasse rarement le stade du prurit.
    Les chenilles sont omniprésentes et entraînent parfois des réactions anaphylactiques, toujours de fortes réactions cutanées. La papillonite (dépôt cutané direct ou indirect -linge- de microfléchettes des ailes de certains papillons) est une entité allergique et toxique, toujours spectaculaire et douloureuse, limitée à l'Afrique centrale et l'Amazonie.

Allergies alimentaires

Les aliments les plus allergisants : arachide, kiwi, avocat, banane, céleri, fruits de mer, sauces diverses contenant parfois du glutamate...
Le voyageur allergique évitera les aliments qui lui sont inconnus ; il aura sur lui, en permanence et au restaurant en particulier, les médicaments lui permettant de traiter rapidement tout début d'allergie.

Environnement général favorisent le déclenchement d'une crise d'asthme :

  • l'air sec : les randonnées dans les déserts, actuellement très prisées, devraient être déconseillées aux asthmatiques incomplètement contrôlés ;
  • des vents de sable (harmattan en particulier) ;
  • des tempêtes, qui mettent en suspension pollens et autres allergènes ;
  • la pollution, automobile en particulier, maximale dans certaines destinations très touristiques (Le Caire, Pékin, Delhi...).

Vaccins et allergie

Pas de problème particulier pour nos vaccins modernes. Seuls deux vaccins peuvent poser problème.

  • Fièvre jaune. L'allergie à l'ovalbumine le déconseille a priori. Cette allergie, vraie, est très rare. Quand tel est le cas et que la vaccination s'impose, on peut procéder à une accoutumance prudente, sous le contrôle d'un allergologue en milieu hospitalier.
  • Encéphalite japonaise. Le vaccin disponible en Europe (Jevax) est bien moins allergisant que le vaccin japonais d'origine (Biken). Néanmoins ses mentions légales précisent la possibilité, non prédictible, de réactions allergiques graves nécessitant la présence d'adrénaline sur le lieu de la vaccination.

Médicaments et autres

Les allergies aux antipaludiques sont rarissimes, et limitées à des manifestations cutanées (rash, prurit...).
Les médicaments achetés en Europe ne posent pas de problème (sauf ceux connus de l'allergique). Mais la contrefaçon (10% du marché pharmaceutique mondial) est une menace encore plus grande pour l'allergique, omniprésente sous les tropiques.
Les données concernant les répulsifs cutanés sont rares ; il semble que l'allergie le soit aussi, et limitée à des gênes cutanées.

Prévention individuelle
Tout sujet allergique devrait prendre un avis allergologique avant son départ ; et le sujet atopique, de façon obligatoire. Le patient ne doit partir que parfaitement stabilisé. Il doit savoir que les recours médicaux spécialisés sont inexistants dans les PVD, et les services d'urgences précaires.

Trousse de l'allergique (à adapter au cas par cas)

  • Les médicaments habituels ;
  • Kit d'adrénaline auto-injectable, à conserver à l'abri de la lumière et des trop grandes chaleurs ;
  • Un anti-histaminique, un corticoïde (per os, sublingual et/ou local), bêta-mimétique : à préciser et compléter par l'allergologue qui assurera également l'éducation du patient.
  • Certificat médical décrivant les sensibilités et les traitements.

Conseils généraux

  • Eviter les climatiseurs et tout autre appareil à air pulsé sans filtre.
  • Prévoir dans certains cas des housses à matelas en Goretex.
  • Eviter les contacts animaux, en particulier les chevaux, les félins.
  • Eviter les grands froids, secs ou humides.
  • Dans une situation à risque d'exposition, éviter les efforts.
  • Ensoleillement : parfois effet bénéfique, mais risque d'effet rebond.
  • Attention aux caoutchoucs, colles, résines, métaux (matériels de plongée en particulier).

L'explication scientifique de la réaction allergique

la réaction allergique L'allergie représente une réaction exagérée du système immunitaire. Cette réaction est consécutive à un contact avec une substance étrangère à l'organisme (l'allergène). Ainsi, cette substance qui est sans danger pour certains peut déclencher une réaction allergique chez une personne appelée sensibilisée. De ce fait, on peut dire que les allergies correspondent à un conflit entre un sujet et son environnement.

De plus, il faut savoir que les allergies peuvent frapper aussi bien :

  • L'arbre respiratoire directement (le nez, les broches, les yeux)
  • La peau
  • Le tube digestif qui entraîne des gênes au niveau de la respiration.

L’apparition d'un phénomène allergique se réalise à partir de deux phases successives : une phase initiale de « sensibilisation » et une deuxième phase de « réaction allergique » apparente.

Les différents types d'allergies

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, les allergies se situent au sixième rang des maladies dans le monde. Plus d'un enfant sur cinq est allergique. Il existe cinq types d'allergies:

Allergie aux piqûres d’abeilles, de guêpes et de frelons

allergie piqure de guepeSymptômes :

Si une piqûre d’abeille, de guêpe ou de frelon (hyménoptères) entraîne dans l’heure qui suit une inflammation douloureuse de la peau s’étendant à plusieurs centimètres autour du point d’impact, et que la zone douloureuse commence à enfler, une réaction allergique est en train de se produire. Si des démangeaisons, des taches sur la peau, une sensation de malaise ou une gêne pour respirer surviennent dans la foulée, le risque de choc anaphylactique, potentiellement mortel, doit être évoqué et nécessite d’appeler de toute urgence le Samu (15).

Causes :

La réaction allergique à une piqûre d’insecte est provoquée par le venin que le dard
de l’insecte a fait pénétrer dans le sang.

Ce que l’on peut faire soi-même :

  • Prévenir les piqûres d’insectes et d’hyménoptères : éviter les vêtements clairs.
  • En cas d’allergie connue au venin d’hyménoptères, le médecin peut prescrire une trousse d’urgence spéciale à porter toujours sur soi. Elle contient des médicaments à prendre ou à injecter immédiatement lors d’une piqûre. Une désensibilisation sera de toute façon indispensable après un accident grave.

Quand consulter le médecin ?

  • Si des démangeaisons, des plaques rouges sur la peau, une sensation de malaise ou une gêne pour respirer apparaissent après une piqûre d’hyménoptère (guêpe, abeille, frelon...), appelez immédiatement le Samu (15). Il peut s’agir en effet des premiers signes d’un choc anaphylactique.
  • Lorsqu’une piqûre d’hyménoptère entraîne pour la première fois d’importantes
    réactions cutanées (rougeur, gonflement de la peau).
  • Si la victime est un bébé ou un enfant.

Extrait du Vidal de l'automédication

La première phase de la réaction allergique

Tout d'abord, lors de la première phase, lorsque l'allergène entre en contact pour la première fois avec l'organisme (après son inhalation, son ingestion, ou son injection), il est reconnu par un type particulier de globules blancs: les macrophages. Ces cellules se trouvent en grande quantité au niveau de la peau et des muqueuses, et font partie de la première ligne de défense immunitaire de l'organisme.

Ces macrophages passent l'information de ce 1er contact du corps avec un allergène, à d'autres globules blancs: les lymphocytes B. Ces lymphocytes vont alors se transformer en plasmocytes, qui vont fabriquer en grande quantité les anticorps spécifiques de l'allergie, les immunoglobulines de type E (appelées IgE). Ces IgE sont caractéristiques d'un allergène donné et n'existent que chez le sujet allergique. Ensuite, les IgE vont passer rapidement dans le sang et se fixer sur des cellules appelées mastocytes qui se trouvent au niveau de la peau et des muqueuses. Les mastocytes contiennent de nombreuses granulations et ont comme rôle de capter l'allergène lors de son 2ème contact avec l'organisme.

En même temps, la "mémoire" de ce premier contact entre l'allergène et le corps sera sauvegardée pendant une durée extrêmement prolongée (jusqu'à plusieurs années) par une autre catégorie de cellules immunitaires, les lymphocytes T "mémoires". En fait, cette première phase est muette cliniquement où on ne trouve aucun symptôme (comme un nez qui coule, des yeux rouges qui larmoient, des difficultés à respirer, des rougeurs et des démangeaisons au niveau de la peau) qui ne se déclenche que lors du contact suivant, même après un intervalle de temps très long.

La deuxième phase de la réaction allergique

La phase de réaction allergique qui débute avec le 2ème contact entre l'allergène et un organisme "sensibilisé" qui permet aux IgE fixées sur les mastocytes d'entrer en action.

Elles captent directement l'allergène, ce qui provoque une dégranulation des mastocytes (libération de petites vésicules contenant des substances chimiques). Ces vésicules contiennent entre autres de l'histamine, qui joue un rôle clé dans l'allergie puisqu'elle est à l'origine des symptômes (rhinite, asthme, urticaire, ....).

Enfin, l'organisme reçoit l'information de ce deuxième contact, ce qui entraîne une propagation du phénomène qui devient apparent avec des insuffisances et une gêne respiratoire pour l'individu.